Le suceur

Zol-dick

Histoire & Origines

Le fils de l'Ombre et de l'Ambre

Chapitre I : La Peur dans les Yeux de Ma Mère

Mes souvenirs ne commencent pas avec la lumière douce d'un berceau ou le chant rassurant. Ils débutent par le froid, la peur, et un sentiment d'urgence viscéral.

Le premier son fut un murmure aigu ; le premier contact, une étreinte tremblante. La première image... c'était le visage de ma mère, ses yeux élargis par une terreur si profonde qu'elle imprégnait l'air que je respirais. Elle me tenait contre elle, me berçant malgré les secousses. Je n'étais qu'un nourrisson, mais je comprenais déjà : nous étions chassés.

J'ai appris mon héritage sur les routes gelées de Barovie, cette terre maudite et éternellement sombre. J'étais le fruit d'une union terrible, un Dhampir né de l'union entre une femme humaine et le tyran des lieux : le puissant Strade. Mais même si j'étais l'abomination de Strade, ma mère m'aimait. Cet amour était la flamme fragile que tout notre étrange convoi cherchait à protéger.

Autour de nous veillaient des figures inoubliables. Il y avait mon oncle, le loup-garou au regard vigilant ; l'énorme Shmax, l'Orc Dégondeur de Porte, dont la poigne était plus douce que l'on pouvait s'y attendre ; et sa sœur, Faxe, dont les avertissements résonnaient souvent dans la nuit. Nous marchions vers le sud, vers le seul lieu de Barovie qui promettait une issue : le Temple d'Ambre.

La hâte était notre seul maître. Nous courions contre le destin, contre mon propre père, et contre le temps qui nous aurait liés à jamais à ces brouillards.

Chapitre II : Le Pacte du Néant

Le Temple d'Ambre était une ruine de pierre et de poussière d'os, un endroit où même la misère de Barovie semblait s'être fossilisée. Nous y trouvâmes non pas le salut, mais un nouveau carrefour funeste. Une liche érudite, murmura l'existence d'un passage, une brèche pour échapper à cette prison des ombres.

C'est là que l'impensable s'est produit.

Une voix. Ce n'était pas un son audible par l'oreille, mais une résonance dans mon crâne de nourrisson, un appel profond et sourd qui émanait d'un des caveaux. Un cercueil d'Ambre m'appelait.

Shmax, épuisé, dérouté par cette île, et cherchant désespérément un miracle, ne prêta attention ni aux cris apeurés de Faxe ni aux supplications de ma mère. Il m'approcha de la pierre polie.

L'instant où mes doigts ont effleuré l'ambre fut un cataclysme. Je fus transporté dans un vide absolu, une noirceur où le temps n'avait plus de prise. Dans ce néant, trois voix – Shmax, Faxe, et la mienne, sans même savoir comment j'avais répondu – entendirent une entité insondable réclamer un prix, un serment.

Bien sûr, je ne pouvais pas répondre. Mais mon existence le fit. J'ai scellé le pacte, Zoldik a répondu à l'appel.

Le monde a implosé. Quand je suis revenu à moi, j'étais seul, loin de ma mère et du Temple. J'étais sur une autre terre de désolation, un endroit que j'apprendrais à nommer la Gisombre.

Chapitre III : Né dans le Sang et l'Ombre

La Gisombre est le reflet froid et sans âme du monde réel, un lieu où les ombres sont affamées. C'est là que je fus trouvé et recueilli par les Shadar-kai, des êtres de l'ombre à la peau cendrée. Ils m'ont offert un abri éphémère.

Jusqu'à ce que j'entende les cris.

Allongé dans ma tente, j'ai écouté mes protecteurs se faire massacrer avec une efficacité terrifiante. C'était la fin de leur gentillesse et le début de mon éducation. Les cris se sont estompés, le silence s'est installé, puis deux orbes d'un bleu perçant sont apparus au-dessus de mon berceau.

C'était Yami.

Il ne m'a pas achevé. Au lieu de cela, il a été intrigué, peut-être attendri par la petite créature liée à l'ombre. Il m'a pris sous son aile. Yami n'était pas un père, il était un maître, un prédateur. Il m'a appris à survivre en Gisombre, à faire de l'ombre mon amie et de mon sang ma ressource. Il a été impressionné par la rapidité avec laquelle le sang d'un vampire et la noirceur d'un pacte se manifestaient en moi.

Il a fait de moi un assassin, un spectre efficace. Mes mains ont appris à manier la dague avant d'apprendre à écrire. La Gisombre a forgé Zoldik. Mon frère aîné n'était pas la lumière, mais l'ombre d'un guerrier, et je suis devenu sa lame.

Chapitre IV : L'Épée et le Pèlerin

Les années s'écoulèrent, marquées par les missions et le silence brutal de Yami. Un jour, une mission d'infiltration dans d'anciennes ruines m'a mené à l'impensable.

Je les ai retrouvés.

L'énorme Shmax et sa sœur Faxe, encore plus puissants qu'avant. Ils étaient accompagnés de deux figures énigmatiques : Hohenheim, un érudit-aventurier dont chaque mouvement dégageait une intention mystérieuse, et une étrange présence qu'ils nommaient Roland, une force plus qu'un homme.

Hohenheim traquait les Chapitres Interdits, une relique dont on disait qu'elle contenait un pouvoir cataclysmique. Je l'avais entendu murmurer dans les bas-fonds. Nous avons uni nos forces. Dans ces ruines, nous n'avons trouvé qu'un fragment des Chapitres, une feuille jaunie, preuve suffisante que la rumeur était vraie.

Ensemble, nous avons quitté la Gisombre et sommes revenus par ce même passage qui m'avait coûté ma famille : le Temple d'Ambre.

Ce fut une révélation amère. Là, dans la poussière, j'ai trouvé le corps froid de ma mère. Et c'est Shmax qui m'a appris la nouvelle : mon père, Strade, était vaincu. Il était tombé sous les coups de l'équipe de Hohenheim, avant même que je ne puisse le confronter. Ma vengeance était inutile, ma mère était partie, mais la malédiction était brisée.

Pourtant, en quittant le Temple, le monde extérieur... m'a coupé le souffle. La lumière du jour était crue et vive, les couleurs, riches et violentes. Pour un enfant des ombres, c'était un miracle.

Ma mission est devenue claire. J'ai mis ma lame, et celle de Yami, au service de Hohenheim et Roland. Notre quête nous mènera loin des brumes de Barovie, vers le continent exotique de Chult, à la poursuite des fragments du savoir perdu.

Je suis Zoldik, l'assassin Dhampir. J'ai fait un pacte avec le néant. Je suis né de la peur et élevé par l'ombre. Mon passé est une tragédie, mais mon avenir... il se déroulera au grand jour. Et celui qui croisera ma route apprendra vite qu'un Dhampir a le sang de son père dans ses veines, mais un cœur loyal envers ceux qui l'ont sauvé.