Le lion de 2m12

Atanor

Backstory & Origins

La Soif du Soleil et la Voie de l'Étoile

Chapitre I : L'Ombre de l'Envie

Les plaines d’Oreskos s'étendaient sous le soleil de Theros, une mer d’or et de vent où la fierté était la seule monnaie. Là vivait le peuple-lion des Léonides, et parmi eux, Athanor, un guerrier dont la crinière était la couleur de la nuit et les yeux celle de l’ambre. Il était fort, rapide, un chasseur né. Mais dans son cœur rugissait une faim que la chasse ne pouvait apaiser : la faim du pouvoir.

Le roi Mufasa était l'incarnation de la majesté léonide, un souverain dont l'ombre s'étendait sur toute la savane. Athanor ne voyait en lui qu'un obstacle. Il ne voulait pas seulement être reconnu ; il voulait être adoré, être celui dont le nom attirerait le regard des dieux. L'envie était un poison doux, s'infiltrant dans son âme de guerrier jusqu'à la transformer en rage brûlante.

Le défi fut lancé au crépuscule. Le combat fut un ballet sanglant de griffes et d'acier. Mufasa, l'expérience drapée dans la puissance, dominait. Athanor, désarmé, le pelage maculé de terre et de son propre sang, s'effondra aux pieds du roi. Il leva les yeux, non pour attaquer, mais pour un geste qu’il exécrait : l’imploration.

Dégoûté par cette chute indigne, par ce manque de fierté ultime chez celui qu’il avait tenu pour un potentiel successeur, Mufasa tourna le dos à son guerrier vaincu. C'était l'erreur d'un roi honorable.

Dans un éclair de rage et de lâcheté, Athanor, profitant de la confiance du souverain, attaqua dans le dos. La lame se ficha, mais même cette traîtrise ne suffit pas à briser la force du Lion-Roi. Humilié non seulement par la défaite, mais par la révélation de sa propre vilenie, Athanor fut chassé.

« Va, Athanor. Erre là où ta lâcheté te mènera. Que le vent des côtes soit le seul témoin de ton déshonneur. Tu n'es plus des nôtres. »

Condamné à l'exil, le fier Léonide erra sur les rivages d'Oreskos, un paria dont l'ambition s'était muée en amertume.

Chapitre II : Le Lion et l'Étendard Noir

Les rugissements du vent et le fracas des vagues devinrent la seule symphonie d'Athanor. Sur les quais, l'ancien guerrier croisa la route de l'équipage d'un navire aux voiles noires, la "Griffe d'Érinys". Il se ficha de l'éthique des pirates ; ils ne voulaient que la force brute, et Athanor en avait à revendre.

Pendant des années, le Léonide déchu fit régner la terreur sur les mers de Theros. Son nom, jadis synonyme de fierté, devint synonyme d'effroi. Il se tailla une réputation de boucher impitoyable, un lion enragé à la barre d’un navire de scélérats. Il pillait, tuait, et à chaque victime, il sentait le vide dans son cœur se combler un peu plus par la puissance qu'il extorquait.

Un jour, au milieu d'une traversée, l'océan devint anormalement calme. L'air se fit lourd, visqueux. Puis, des voix résonnèrent, non pas à travers l'air, mais directement dans l'esprit de l'équipage. Ce n'étaient pas des mots, mais des échos de mondes, des murmures d'une puissance trop grande pour le mental des mortels.

L'équipage bascula dans la folie. Des hommes se jetèrent par-dessus bord, hurlant. D'autres s'effondrèrent, les yeux vitreux. Mais Athanor, le cœur durci par son passé, leva les yeux vers le ciel, défiant l'indicible.

Un bruit fracassant, comme la rupture du cosmos, déchira l'horizon. Une lumière blanche, totale et douloureuse, submergea tout.

Quand la conscience revint, il n'y avait plus de "Griffe d'Érinys", plus d'équipage. Seulement un maigre morceau de bois et l'immensité d'un océan étranger. Athanor avait été arraché à son plan d'origine.

Chapitre III : Le Tyran d'un Monde Nouveau

Pendant des jours, il dériva, la faim et la soif ses seuls compagnons. La force d’Athanor finit par le mener vers des côtes luxuriantes, mais inconnues. Son instinct de prédateur, aiguisé par la survie, lui permit de retrouver rapidement son ascendant.

En explorant ce nouveau monde, il rencontra des êtres aux coutumes et aux langages étrangers. Il apprit qu'il avait échoué sur Toril, dans le royaume de Faerûn, plus précisément sur un petit archipel rappelant ses années de flibustier.

Le vieil Athanor refit surface. Sur ces îles isolées, il vit une nouvelle chance de pouvoir. Il n'implora pas, il ne vola pas ; il prit. Par la force de ses griffes et la peur qu'il inspirait, il soumit les petits villages côtiers. Pendant un temps, il régna en petit tyran, imposant ses lois d'une main de fer, le Lion d'Oreskos devenu le roi auto-proclamé d'une poignée de rochers. Il était puissant, craint, et pourtant... toujours vide.

C'est là, au zénith de son règne insulaire, qu'il rencontra son destin.

Une silhouette en armure, dont l'acier renvoyait l'éclat pur du soleil, se présenta seule devant son fortin de fortune. Une femme. Ses traits étaient nobles, son regard, d'une fermeté inébranlable. Elle s'appelait Lisa.

Devant ses hommes, la paladine ne dégaina pas son arme immédiatement. Elle l'humilia par la parole :

« Toi, qui te crois roi d'une poignée de boue et de sel. Tu n'es qu'un fuyard, un prédateur de bas étage. La puissance véritable n'est pas le vol de la liberté, mais le don de la protection. Tu n'es qu'un misérable. »

Le combat fut inévitable. Athanor, sûr de sa force et de son expérience, chargea. Mais chaque parade de Lisa était un rappel de sa propre faiblesse morale, chaque coup qu'elle portait était chargé d'une conviction qu'il n'avait jamais possédée. La défaite fut rapide et totale.

Il se retrouva à genoux, impuissant, non pas par lâcheté cette fois, mais par la reconnaissance d'une force supérieure. Il leva les yeux vers elle, cette apparition divine, cette Paladine auréolée. Mais ce n’était pas de la colère qu'il ressentit, ni de l'amertume. C'était la Renaissance.

Pour la première fois de sa vie, ce fier guerrier Lion trouvait quelqu'un qu'il pourrait suivre, quelqu'un dont la puissance n'était pas arrachée, mais méritée.

Voyant dans les yeux ambre du Léonide non pas la haine, mais une lueur d'admiration brute, Lisa lui tendit la main, non pour le relever, mais pour lui proposer une voie :

« Tes capacités sont grandes, Athanor. Ta force est un don gâché. Le chemin est long, mais le soleil brille même pour ceux qui ont marché dans l’ombre. Lève-toi, non comme mon esclave, mais comme mon apprenti. Répond à l’appel des dieux. »

Et le Lion, qui avait voulu détrôner un roi et défier les dieux, se mit humblement au service d'une Paladine. Son histoire ne faisait que commencer.